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La formation sur les métiers en tension : une solution au chômage IT ?

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Avis d’expert : Grâce au dispositif de Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE), Fitec formera 1200 personnes en 2018 sur des métiers en tension du numérique. Par Christophe Auffray Chômage et pénurie peuvent-ils cohabiter dans un même secteur ? Oui, défend depuis des années l’ancien président de Syntec Numérique, Guy Mamou-Mani. “Nous vivons une véritable pénurie de ressources. Tous les chefs d’entreprise présents savent que nous avons du mal à recruter. Et dans le même temps, il y a du chômage. Oui c’est un paradoxe. Mais ce sont deux problèmes différents qu’il faut traiter différemment” déclarait-il en janvier 2015. Deux problèmes qui pourraient bien cependant partager une même solution : la POE (Préparation Opérationnelle à l’Emploi), qu’elle soit individuelle ou collective. Le Fafiec, l’organisme collecteur, se félicitait tout récemment du retour à l’emploi de 2300 chômeurs en 2015 grâce à ce dispositif.

Collègue entrain de faire un montage

“Nous sommes les Meetic de l’emploi”

Fitec, un centre de formation privé spécialisé dans les métiers du numérique, peut témoigner de l’efficacité de la POEI. “C’est une aubaine ce dispositif, pour tout le monde : les entreprises qui cherchent à recruter et les candidats qui sortent d’école ou qui sont en rupture de vie professionnelle et ne savent plus par quel bout prendre le marché du travail” affirme à ZDNet son directeur, Michel Sebban.

Le dispositif de POEI est génial, par contre, tel qu’il a été conçu, il ne sert à rien” ajoute-t-il néanmoins. Un autre paradoxe ? A première vue seulement. Car, assure le spécialiste de la formation, dans sa conception initiale la POE a oublié d’organiser la rencontre des candidats et des recruteurs. Cela tombe bien, le patron de Fitec a une solution (sans en avoir le monopole) pour combler cette lacune.

“La POEI, sans nous [Ndlr : le centre de formation], n’a aucune chance de marcher. Il faut l’intermédiaire (…) Nous sommes les Meetic de l’emploi” n’hésite pas à revendiquer Michel Sebban. Un peu présomptueuse comme affirmation ?

Deux chiffres viennent lui donner un peu de corps : “en 2016, nous serons sur une base d’environ 800 personnes formées et recrutées avec un taux de retour à l’emploi de 97%”. Et ce presque exclusivement en CDI (la POE impose légalement un CDD de plus de 12 mois minimum).

Pas de formation sans garantie d’un emploi

L’idée paraît simple : mettre le recruteur et son besoin au “cœur” du dispositif. “Le point de départ de toute action, c’est le besoin de recrutement”. Mais n’est-ce pas donner un trop grand pouvoir de décision aux seuls employeurs ?

“Nous, nous ne sommes pas une école, nous formons des gens à des métiers (…) C’est ce qui plait aux recruteurs, aux candidats, à Pôle Emploi.” L’intérêt pour les entreprises est évident : des salariés formés et immédiatement opérationnels.

Pour définir les besoins, Fitec sonde en permanence ses partenaires, principalement des ESN. Les recruteurs, mais aussi des éditeurs de logiciels, participent en outre activement au plan de formation, ce qui leur permet de s’assurer que les candidats disposeront des compétences qu’elles recherchent.

“Lorsqu’on a ce besoin de recrutement précis, identifié, formalisé de 15 à 20 recrutements sur un métier donné, alors nous lançons un sourcing” détaille Michel Sebban. Le centre prend ensuite contact avec Pôle Emploi qui orientera des chômeurs. Mais être au chômage ne suffit pas. Les candidats sont soumis à un processus de sélection. Et une fois encore, c’est le recruteur qui aura le dernier mot.

Seront formés ceux qui lors de la journée de job dating auront décroché une promesse d’embauche. Il s’agit d’une journée “intensive pour réaliser entre 600 et 800 rendez-vous pour une vingtaine de sociétés et environ 200 candidats. Nous cherchons à former des couples : un candidat et un recruteur.”

L’erreur : “laisser la seule initiative de sa reconversion au candidat”

Sur la base du recueil des besoins des entreprises du secteur, Fitec propose ainsi en moyenne 12 cursus (tournants) sur des métiers en tension parmi lesquels développeurs, Objet, Java, .Net, consultant qualification logicielle, consultant CRM ou Big Data.

Mais un tel système structuré aussi étroitement autour des attentes des entreprises n’oublie-t-il pas les chômeurs et leurs souhaits ? Pour Michel Sebban, “la grosse erreur” de la formation en France est justement de “laisser la seule initiative de sa reconversion au candidat”. Autant dire qu’il est très critique à l’égard du plan “500.000 formations” décidé par l’Etat.

“Toutes les formations à l’initiative des demandeurs d’emploi affichent un taux de retour à l’emploi de 30%. Au-delà de l’argent, c’est une perte de temps et de motivation pour les candidats. Former des gens à leur seule initiative, c’est dangereux et c’est même criminel, vis-à-vis de l’argent public, mais des individus eux-mêmes. On leur donne un espoir pour rien” juge-t-il.

Ce système est-il celui de la résignation pour le candidat à un emploi ? Pas nécessairement. Les témoignages de stagiaires recueillis par ZDNet (publiés prochainement) le confirment d’ailleurs. “80% des stagiaires ne connaissaient pas le métier avant qu’on leur en parle. Il faut être force de propositions.” A cette fin, Fitec a créé le site fitec.fr site .

Pour améliorer le dispositif, outre une simplification administrative de la POE (candidats et employeurs doivent fournir 30 à 40 pièces pour constituer le dossier), Michel Sebban préconise de réformer la POEC (Préparation Opérationnelle à l’Emploi collective) afin d’accroître le taux de retour à l’emploi, de 30% uniquement selon lui.

“Il faut l’arrêter et créer une POECS, c’est-à-dire une POEC sécurisée. Il faut garder la notion de groupe (…) mais je propose que chaque stagiaire qui rentre dans un dispositif de formation ait une promesse d’embauche.”

Retrouvez l’intégralité de l’article sur : http://www.zdnet.fr/actualites/la-formation-sur-les-metiers-en-tension-une-solution-au-chomage-it-39839584.htm

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